Violence éducative : baromètre de la Fondation pour l'Enfance
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La Fondation pour l’Enfance vient de publier sa nouvelle enquête sur les violences éducatives ordinaires en France (VEO). Depuis 2022, pas d’évolution significative, ces violences restent largement utilisées dans les familles.
La prévalence de la violence éducative
Près d’1/3 des parents soutiennent que « certains enfants ont besoin de punitions corporelles pour apprendre à bien se comporter» (32%) et près de 2 parents sur 10 jugent acceptable d’y recourir dans un but éducatif (19%). Près de 8 parents sur 10 (83%) déclarent avoir eu recours à une violence verbale ou psychologique au moins une fois au cours des douze derniers mois et notamment sous la forme de cris ou hurlements (68%). Quand aux violences physiques, plus d’un tiers des parents déclarent avoir déjà eu recours à une punition physique au cours de l’année écoulée (41%).
Un fléau systémique
Ce baromètre de la Fondation pour l’Enfance, nous donne un aperçu glaçant de cette violence endémique dans les familles en France. Parce qu’il faut bien y ajouter les 160 000 enfants victimes d’agressions sexuelles, chaque année, dont 81 % par un membre de la famille. https://www.ciivise.fr/le-rapport-public-de-2023 ainsi que le rapport de la CNCDH qui évalue qu’un enfant meurt tous les quatre ou cinq jours, sous les coups de ses parents-
https://www.mediapart.fr/journal/france/020225/infanticides-un-manque-patent-de-statistiques-fiables
Un phénomène systémique qui concerne la quasi totalité des enfants livrés sans véritable contrôle de la collectivité, à l’arbitraire d’un ou deux individus. La famille serait-elle l’une des institutions sociales les plus criminogènes ?
Quelle réponse politique ?
Selon le journal Libération, « ces sujets devraient être abordés lors des assises du soutien à la parentalité, lancées il y a deux mois par la Haute-Commissaire et la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. » … Il ne faut pas se faire trop d’illusions sur une quelconque volonté politique sur le sujet, le Haut-Commissariat à l’enfance n’a aucun budget.
La loi du 10 juillet 2019 qui interdit les violences éducatives ordinaires prévoyait la mise en place d’une politique de prévention de la violence éducative dans la famille et dans tous les lieux fréquentés par les enfants. Il était également annoncé un plan de formation pour l’ensemble des professionnels concernés. https://www.oveo.org/notre-lecture-du-rapport-gouvernemental-relatif-aux-violences-educatives/
Rien n’a été fait dans ce sens, alors qu’il serait urgent de réviser fondamentalement les rapports adultes enfants pour aller vers des relations qui excluent toute domination et tendent vers un accompagnement respectueux de l’enfant, de sa personne, de ses droits. et tolérant pour ses sentiments et ses émotions.