• le 5 janvier 2021 

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Par :

Collectif de professionnels de santé spécialisés en pédiatrie

Des professionnels de santé spécialisés dans le domaine de l’enfance, réunis au sein du collectif Réinfocovid souhaitent informer quant aux risques liés aux conditions actuelles d’accueil des enfants en structures petite enfance et à l’école, ainsi qu’à l’impact des mesures imposés sur le développement des enfants.

 

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Nous sommes des professionnels de santé spécialisés dans le domaine de l’enfance, réunis au sein du collectif Réinfocovid.

Nous souhaitons informer quant aux risques liés aux conditions actuelles d’accueil des enfants en structures petite enfance et à l’école, ainsi qu’à l’impact des mesures imposés sur le développement des enfants.

Nous pensons que « l’intérêt supérieur de l’enfant doit toujours primer ». 

Ainsi, il nous semble primordial de rappeler que les enfants ont des droits et des besoins fondamentaux, qui assurent leur bon développement et leur santé. L’entrave de ces besoins peut impliquer l’altération de leur intégrité physique ou psychique.

Chaque décision concernant l’enfant doit donc se faire au regard de ses besoins fondamentaux, tel que le rappelle également la Loi.[1]

Actuellement, nous pensons ces droits bafoués. Au vu de notre expertise et de nos connaissances nous vous proposons une réflexion alternative.

 

La covid-19 n’est pas une maladie pédiatrique :

Sur le plan médical, les différents rapports scientifiques internationaux ont rapidement montré que les enfants sont très peu malades et font moins de formes graves de l’infection à SARS-CoV- 2. De plus, contrairement à la plupart des infections virales respiratoires, les enfants de moins de 11 ans sont peu transmetteurs.

Il y a une différence importante entre la COVID19 chez les adultes et chez les enfants (avant 18 ans). On estime aujourd’hui qu’il y a 5000 à 10 000 fois moins de décès chez l’enfant que chez l’adulte ; 1000 fois moins de formes graves ; 100 fois moins d’hospitalisations ; 10 fois moins de malades ; 2 à 5 fois moins de tests positifs et la plupart des enfants infectés ou testés positifs sont asymptomatiques.[2]

Une étude australienne a pu évaluer les taux de transmission entre personnes selon les âges. On estime le taux de transmission d’adulte à adulte à 4%, d’adulte à enfant à 1,5%, d’enfant à adultes à 1% et entre enfants à 0.3%. [3]

Concernant les formes dites Kawasaki-like ou formes Inflammatoires Multi-systémiques Pédiatriques (PIMS), qui sont des situations cliniques survenant à distance de la Covid19, nécessitant parfois des prises en charge en réanimation, il s’agit de phénomènes immunologiques post inflammatoires rares pour lesquels on dispose de traitements. L’incidence de ce tableau post infectieux à SARS-CoV-2 a été faible, estimée à 1/ 100 000, 1 décès parmi une centaine de cas en France lors de la première vague.[4]

Concernant les enfants porteurs de maladies chroniques : la société Française de Pédiatrie a établi des recommandations bien précises pour les médecins suivant ces enfants et encourage le maintien de leur scolarité au même titre que n’importe quel enfant.[5]

Il n’a pas été retrouvé de risque supplémentaire concernant les enfants asthmatiques ou atteint de mucoviscidose. Les enfants obèses ne présenteraient pas de susceptibilité aux formes graves contrairement aux adultes.[6] ; [7]

 

Par comparaison aux nombreux virus hivernaux, très présents habituellement chez les enfants qui sont beaucoup plus contagieux et pour lesquels les enfants sont plus symptomatiques, de telles mesures n’ont jamais été envisagées.

 

L’enfant est un être en développement, un adulte en construction : 

Toute perturbation environnementale précoce pourra avoir un impact sur son développement cognitif et affectif.

D’où l’importance de la socialisation et l’importance des interactions de bonne qualité pour lui offrir un développement le plus harmonieux possible :

La socialisation est en effet un élément prédominant dans la vie de tout être humain depuis la naissance jusqu’aux derniers jours de la vie.

Les premières années sont une période cruciale de neurodéveloppement. Avoir accès à l’intégralité du visage des interlocuteurs est nécessaire à la bonne mise en place des fonctions de relation :

  • Mise en relation des sons et le la bouche qui les émet pour apprendre à parler,
  • Décodage des mimiques pour les reproduire et avoir accès aux émotions et à l’empathie.

L’être humain est un être de relation et les premières expériences vont constituer le socle du mode relationnel de l’individu, de son accès au monde et aux apprentissages.

Dans la période de l’enfance, les interactions avec les pairs ainsi qu’avec les adultes (parents, famille, personnel de crèche, corps enseignant) permettent à l’enfant de passer différentes étapes importantes telles que la communication, la construction psychique, la compréhension du monde, l’apprentissage scolaire, la construction émotionnelle, le jeu, les liens d’amitié, etc… Ces étapes fondamentales lui permettront de devenir par la suite un adulte autonome capable de vivre harmonieusement dans la société.  [8] à [12]

Les professionnels de l’enfance et enseignants sont des personnes qui occupent une place majeure et déterminante dans la vie de chaque enfant.

La qualité de l’interaction entre le professionnel et l’enfant est donc fondamentale.

Il faut également introduire une notion de temporalité. Ces mesures sanitaires pèsent énormément sur la période déjà difficile que les enfants vivent actuellement. Ce qui peut s’envisager sur une période brève ne saurait être toléré sans notion de durée.

Faire porter un masque aux enfants ou encadrer des enfants en portant un masque, ne s’envisage pas de la même façon dans le temps. Cette notion de durée d’exposition peut grandement amplifier les risques selon l’âge des enfants. En effet, vivre pendant 6 mois au contact régulier d’adultes masqués pour un enfant de 5 mois est beaucoup plus grave que pour un enfant de 5 ans.

 

Nous avons identifié plusieurs risques :

Des risques liés au port de masque par l’enfant :

Sur le plan médical :

  •  Tendance à retirer les lunettes de correction embuées ;
  •  Des troubles de l’humeur et du comportement ;
  • Des troubles attentionnels et aggravation des troubles des apprentissages
  •  Des troubles somato-psychiques (céphalées, trouble du sommeil, de l’appétit, douleurs ; trouble du transit, encoprésie…) ;
  • Un risque infectieux lié au port d’un masque souillé ;
  • Une sensation de gêne pour respirer ;

Sur le plan de la communication et des apprentissages : 

  • Des difficultés à s’exprimer, à se faire entendre et comprendre.

 

Des risques liés au port de masque par l’adulte accompagnant :

Sur le plan de la communication et des apprentissages :

  • Des difficultés à comprendre et à entendre l’autre, notamment l’adulte référent. De ces incompréhensions dans les messages délivrés peuvent s’en suivre diverses frustrations et sources de stress pour l’enfant ;
  • Des troubles des apprentissages scolaires, notamment difficulté d’apprentissages des phonèmes en CP/ CE1.
  • Une perturbation du décodage et de l’intégration des émotions ;
  • Une distorsion cognitivo-perceptive pour le bébé et jeune enfant préverbal avec risque de troubles des apprentissages du langage.

 Des risques sur le plan psychologique et relationnel :

  • Une perception de l’environnement extérieur comme anxiogène ;
  • Une modification profonde de la relation aux autres avec distanciation physique, perception de l’autre comme un danger, disparition du toucher, culpabilisation véhiculée par l’idée qu’un enfant puisse être responsable de maladie et de mort dans son entourage ;
  • Une répercussion sur la construction de la personnalité. [11] à [13]

A noter que ces difficultés ont un impact bien plus important chez les enfants malentendants.

Autres risques :

  • Un risque de dermatoses chez de nombreux enfants liées à l’utilisation excessive des solutions hydroalcooliques et du lavage des mains.

 

Le port du masque par des enfants de moins de 11 ans présente peu de bénéfices en termes de protection contre l’infection à SARS-CoV-2. 

Par ailleurs, le port CORRECT du masque est impossible à faire respecter pour les enfants.

Comment garantir un environnement apaisé, stabilisant et propice au développement, à l’épanouissement et à l’apprentissage scolaire dans de telles conditions et face à de tels risques ?

 

Conclusions et propositions :

Compte tenu du faible risque infectieux lié au SARS-CoV-2  chez les enfants et des risques sur leur développement dans la crise actuelle qui dure, il nous semble nécessaire et urgent de replacer l’intérêt supérieur de l’enfant, le respect de ses besoins fondamentaux au cœur de l’aménagement de leurs conditions d’accueil dans les écoles et en structure petite enfance.

Nous estimons qu’il est nécessaire que les protocoles sanitaires appliqués aux enfants soient réévalués au regard d’un rapport bénéfice/risque qui évolue.

Afin que chacun puisse agir en conscience en tant qu’acteur déterminant dans le développement des enfants qui leurs sont confiés et puisse agir dans l’intérêt des enfants :

Nous vous invitons à une réflexion sur l’adaptation des conditions d’accueil des enfants afin de garantir en premier lieu le bien être, la santé, et les conditions propices au développement des enfants qui nous sont confiés :

– Le port du masque pour les enfants de 6 à 11 ans
– Le port du masque chez les adultes au contact des enfants, et surtout ceux en âge préscolaire
– La distanciation physique
– Le cloisonnement dans les classes et entre les classes et secteurs en structure petite enfance
– Les nombreux lavages des mains surtout les lavages au gel hydro alcoolique
– Les conditions d’accueil des parents en structure petite enfance et école maternelle, élément participant fondamentalement à la sécurité affective de l’enfant

Nous proposons un accompagnement des professionnels des secteurs Petite Enfance et Enfance :

Possibilité d’échanger avec les équipes pédagogiques de proximité, afin de partager, recueillir expériences et témoignages de professionnels, de parents et d’enfants.

Nous recueillons grâce à un questionnaire anonyme vos témoignages, difficultés et opinions concernant le port du masque dans les structures d’accueil de l’enfant : 

Afin de prendre en compte vos observations, votre ressenti et faire remonter les difficultés et de nouvelles propositions aux instances supérieures.

 

Cliquer sur ce lien ou scanner le QR-code :

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Pour donner plus de poids à cette action, vous pouvez aussi soutenir cette démarche en ajoutant votre nom comme soutien et devenir signataire : 

Ecrire à l’adresse suivante : masqueft@protonmail.com en précisant votre nom, prénom, profession et localité.

 

Annexes et références

Les besoins fondamentaux de l’enfant

La COVID  19 en pédiatrie

 [2] https://www.infovac.fr/?view=articleHYPERLINK “https://www.infovac.fr/?view=article&id=847&catid=45&HYPERLINK “https://www.infovac.fr/?view=article&id=847&catid=45id=847HYPERLINK “https://www.infovac.fr/?view=article&id=847&catid=45&HYPERLINK “https://www.infovac.fr/?view=article&id=847&catid=45catid=45,

Documents :

Les formes cliniques de l’enfant et les stratégies de dépistage

La transmissibilité chez l ‘enfant et l’ouverture des écoles et crèches

Les risques sur le développement de l’enfant

Concernant le port du masque imposé aux professionnels s’occupant de bébés et jeunes enfants :

Communications d’orthophonistes :

Articles de presse :

 

 

Rédigé le 15 décembre 2020

SIGNATAIRES :

Auteurs :

CABOT Line – Médecin généraliste

DESMOYERS Cynthia – Infirmière et consultante développement sensori-moteur et émotionnel de l’enfant – Lyon

DODELIN BRICOUT Corinne – Pédiatre – Palaiseau

DUGAIN Pamela – Pédiatre – Chantilly

FABRE-GRENET Marie – Pédiatre – Châteauroux /Marseille

GREGOROVA Anna – Médecin généraliste – Narbonne

ISGRO Audrey – Infirmière puéricultrice et formatrice – Montreuil

LEDROIT Hind-Psychologue spécialisée en Neuropsychologie – Auxerre

LIAUTAUD Arthur – Pédiatre – Montpellier

SABAN Éric- Pédiatre- Levallois

******

AGRAMUNT Muriel-Ostéopathe spécialisée en pédiatrie- Marseille

AHARI Véronique- Médecin généraliste-Buxerolles

BOS Anne-Sophie – parent et conseiller bancaire- Roquebrune sur Argens

BLANC Jessica-Surveillante en milieu scolaire- Beausset

BRESSAN Chloe-Auteure comédienne- Dept 56

ANGELI Francine – Infirmière Formatrice des professionnels de santé – Morigny-Champigny

CHAPELET Romain-AESH-Saint Pierre du Vauvray

CHARLOT Marine-Juriste- Villejust

CHOLLET Elodie-Auto entrepreneur- Annecy

COHEN Vanessa-Psychologue spécialisée développement de l’enfant-Moissy Cramayel

BRIGHT Djénébou – Auxiliaire de puériculture

CHEVRY Philippe – Ostéopathe énergéticien – Eguilles

DARLAVOIX Corinne- Enseignante- Wettolsheim

DEBONO Audrey- Formatrice infirmière- Marseille

DEGRAVE Manon – Orthophoniste – Questembert

DELAHAIGUE Sonia – Psychologue en libéral

DELAIGUES Chloé – Salariée et thérapeute ayurvédique – Salon de Provence

DENOY Sacha- Artiste et enseignant des arts du cirque- Aude

FABRE Jennifer- Commerçante- Six Fours

GHANIA Amiri- Infirmière- Marseille

GODART Mélaine – Infirmière libérale – Frans

GUAL HANCALI Nathalie – Orthophoniste Libérale – Mauvezin

JAY Josette- retraitée-Bringnoles

KNOPF Isabelle- La Colle sur Loup

LAFITTE Elodie- Infirmière- Six Fours

LANGLAIS François-professeur des écoles- Oyonnax

LE CALVEZ Stéphanie – Infirmière – Langan

LEGRAIN Marie-Clothilde – Orthophoniste- Chambry

LEMBLE Mareïke – Assistante sociale – Andolsheim

MALOT Marina- Enseignante et directrice d’école- Espelette

MARIAUD Anne Sophie-Orthophoniste-Salon en Provence

MIRIBEL Gaelle – Infirmière puéricultrice, directrice d’EAJE – Communay

MOTTIER Anne-Gabrielle – Orthophoniste libérale

QUISTREBERT Virginie- Docteur en psychologie – Nantes

RIMBAUD Julie-Professeur des écoles- Six Fours

RUBIS Jessica- Mère au foyer- Roquebrune sur Agens

SAUVAGE-LAWTON- Médecin généraliste- Poitiers

SWAENEPOEL Claude- Pédiatre Endocrinologue , Haptonomie- Lambesc

TEUMAGNIE NOFIELE Marielle – Pédiatre-Montigny le Bretonneux

THERY Olivia-AESH et Médiatrice artistique en milieu scolaire- Lyon

THIELLAND Jean Pierre – Psychopédagogue – Chalon sur Saône

TITTI DINGONG Isabelle- Pédiatre- Genevilliers

TISSERAND Elodie-Nice

TORTOSA Alain – Thérapeute

TRICHE Sonia-directrice multi accueil-Chamy Orée de Puisaye

TUBIANA Marie-Orthophoniste- Prades

VARDIS Christelle-Psychothérapeute- Six Fours

VILLEMUR Evelyne- Médecin Homéopathe , Nutritioniste et Thérapeute TCC- Saint Sulpice

WITTEMER-VIDOT Laetitia- Médecin généraliste Homéopathe-Lingolsheim