Le masque à 6 ans  : 

« C’est pour ton bien » 

 

 

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Nous savons par expérience, le peu de considération que les différents pouvoirs politiques accordent aux enfants. Que ce soit dans la famille, ou dans les différents espaces qu’ils peuvent fréquenter, les enfants demeurent globalement des « sans droits » et des « sans voix ». 

 

Alice Miller (http://www.alice-miller.com/)  a magistralement démontré comment  l’exercice  du pouvoir de l’adulte pouvait s’exercer sans peine, sous le masque d’une prétendue exigence éducative qui s’exercerait  pour le bien de l’enfant. Ce masque de la pédagogie noire, elle le dévoilait dans tous ses livres, se plaçant résolument aux côtés des enfants manipulés et maltraités par des adultes inconscients.

 

La crise sanitaire que nous traversons a un effet révélateur de cet aveuglement à l’égard des conséquences de certaines décisions sur la santé psychique de tous et particulièrement des plus vulnérables, les enfants.  

 

L’obligation du port du masque à l’école pour tous les enfants à partir de six ans oublie de prendre en compte ce que de nombreux professionnels considèrent comme   une grave atteinte au développement de l’enfant. Et la santé psychique de nombreux enfants risque fort de faire partie des dommages collatéraux de cette obsession sécuritaire. ( https://www.liberation.fr/debats/2020/11/01/port-du-masque-a-6-ans-avons-nous-perdu-l-age-de-raison_1804083).

 

Le premier confinement avait déjà mis les enfants en difficulté avec cette  exigence du travail scolaire à  la maison au nom d’une continuité pédagogique totalement inappropriée au vu du contexte anxiogène crée par la pandémie et des difficultés de nombreuses familles à « faire l’école à la maison. »

 

Avec ce nouveau pas qui vient d’être franchi, il semble bien que cette pédagogie noire dénoncée par Alice Miller soit en passe de devenir  de plus en plus la règle à l’échelle de notre pays. 

 

Il est important de rappeler que la crise sanitaire que nous traversons met en lumière l’irresponsabilité de tous les gouvernements successifs qui ont démantelé tous les services de soins, notamment hospitaliers mais aussi tous les services de la protection de l’enfance.  L’exigence de rentabilité financière à court terme qui sert de boussole à nos gouvernants nous renvoie en pleine figure le prix humain  à payer pour une course folle à cette logique mortifère.

 

Comment va se construire l’estime de soi de ces enfants obligés de porter un masque, parce que considérés comme transmetteurs potentiels de maladie ?

 

Comment vont pouvoir se vivre les  interactions sociales entre pairs, tellement importantes pour les enfants quand ils se verront interdire de se toucher, de retirer leur masque ?

 

Que devient la spontanéité de la relation lorsqu’elle est parasitée par la peur ou la  méfiance à l’égard de l’autre et de soi-même ? 

 

Le port du masque risque également de contribuer à la stigmatisation de certains enfants, entre ceux qui arrivent chaque jour avec le masque identique à celui de la veille et ceux qui chaque matin en ont un propre.

 

Comment affirmer que le port du masque n’a aucune incidence sur l’oxygénation de notre corps alors que  nous adultes ressentons cette gêne à porter le masque en continu ? 

 

La situation actuelle est difficile  et il n'y a pas de solution simple, mais une règle devrait  s’imposer à toutes les décisions prises, celle du « prendre soin » et de la prise en compte du respect de l’intégrité psychique  des plus jeunes.

 

Pourquoi ne pas avoir choisi d’équiper les personnels de l’Education nationale de masques FFP2 qui protègent contre les risques d’inhalation d’agents infectieux et éviteraient aux enfants d’avoir à porter un masque ?

 

Depuis le premier confinement, les autorités ont eu grandement le temps de prévoir l’allègement des effectifs par classe en divisant les classes en deux groupes et en recrutant des adultes nécessaires pour encadrer les activités, comment le demande la communauté enseignante.

 

Est il si difficile pour un pays comme la France  de mobiliser les moyens nécessaires pour protéger les enfants sans leur imposer des contraintes qui les violentent et qui portent atteinte à leur développement ?

 

Ou s’agit-il d’une absence de volonté politique pour une catégorie de citoyens qui toujours se trouvent négligés ou oubliés par les responsables gouvernementaux ?

 

De nombreux parents refusent cette injonction maltraitante pour leurs enfants, certains s’organisent et alertent les élus locaux et les responsables politiques pour qu’une autre organisation soit mise en place. Des enseignants se posent aussi la question et n’imposent pas le port du masque à leurs élèves. Il faut encourager et organiser de tels actes de résistance. Il faut exiger que le gouvernement revienne sur cette injonction qui porte préjudice aux besoins fondamentaux d’expression et de relation émotionnelle des enfants.

 

Le 5 novembre 2020 Jean Pierre Thielland  

membre de l’OVEO

Observatoire de la Violence Educative Ordinaire